En ce jour de Samain

Publié le par camus

 

Les contes de ma crypte

 

 

Aujourd'hui, comme vous le savez, c'est

Halloween, bien que je préfère le nom de

Samain qui est le nom originel de cette

célébration qui est devenu si populaire à

travers le monde aujourd'hui.

Comme j'aime me démarquer des autres, je ne

vais pas vous raconter une énième fois les origines

de cette fête, d'autres s'en chargeront et le

feront certainement mieux que moi... non pour

célébrer ce jour comme il convient, je vais vous

raconter de petites histoires qui iront très bien

pour ce soir, devant la cheminée ou le chaudron

(ou le radiateur) avant de s'endormir... ou pas.

 

 

 

 

GV6-Hotel-de-Cluny--Paris.jpg

(Hotel de Cluny - Musée du Moyen-Age,

Vème arrondissement, Paris - 75)

 

 

Un Revenant ?

 

Une pièce dont l'entrée était murée, des

briques émiettées sur le sol, un couloir qui

semblait s'éloigner du sens de la visite. Ce

devrait être le genre de détails suceptibles

de nous alarmer dans un musée. Pourquoi a

t'il fallu que ma curiosité l'emporte ? J'aurais

dû rester avec le groupe, non il a fallu que

j'aille voir cette salle peu éclairée qui

n'avait d'ailleurs rien d'extraordinaire. Pourquoi

a t'il fallu que je longe ce couloir que seul la

lumière du crépuscule éclairait ? Au bout il y avait

un mur, un mur éventré, comme si on venait de

faire une découverte et qu'on y avait entrepris

des fouilles. Je glissais ma tête dans ce trou

sombre, dans un premier temps je ne vis rien.

 

Lorsque mes yeux s'habituèrent un peu à

l'obscurité, je pu y dicerner trois formes

mais sans savoir ce que cela pouvait bien être.

Doucement, une lueur illumina quelque peu la

pièce, elle n'était pas bien grande et je crût

y reconnaître des sarcophages, d'ou cette

lumière pouvait elle bien venir ? Ce n'était

pourtant pas une lampe d'un gardien ou un

écriteau lumineux indiquant la sortie ou

je ne sais quoi d'autre. Non, il y avait une forme

lumineuse qui s'échappait peu à peu du troisième

sarcophage sur la droite. Je ne pouvais plus

bouger, crispé d'effroi, je regardais le souffle

coupé, cette forme vaporeuse qui s'étalait peu à

peu sur le mur de pierre. Se rapprochait t'elle de moi ?

 

Soudain, sans que je puisse expliquer pourquoi, il

fît très sombre tout autour de moi, comme si la nuit

venait de tomber d'un coup, je reculais prudemment,

la lumière avait disparu, aussi je décidais de revenir

sur mes pas et de regagner la partie visitée du musée.

Je titubais, je failli tomber à la renverse, je venais

de heurter quelque chose, une pierre ou quelque chose

comme ça. Je mis le genou à terre avec précaution

pour palper cet obstacle que je ne me souvenais pas

d'avoir rencontré dans le couloir. Je me déplaçais

à quatre pattes à présent, je sentis un peu plus loin,

une forme similaire sous mes doigts, mon sang n'avait

fait qu'un tour, je me relevevais précipitamment,

bras en avant pour rencontrer un pur de brique.

 

Il fesait noir, très noir, je venais de me rendre

compte que je me trouvais de l'autre côté

du mur, du côté des sarcophages...

 

 

 

 GV7 Eglise Saint Jacques, Compiègne

(Eglise Saint Jacques, Compiègne, Oise - 60)

 

 

 La complainte de la Condamnée

 

Quelle belle ville tout de même me dis je, Compiègne

était vraiment un joli coin bien nichée dans sa

Picardie profonde. On m'avait fait part des

extraordinaires monuments à voir ici, bien sûr il y

avait l'hotel de ville, il y avait le château et ses

jardins et tout un tas de rues aussi charmantes

les unes que les autres. Néenmoins il y avait un

endroit que je souhaitais voir, l'église Saint

Jacques, dont le clocher dominait le quartier.

 

L'église était très belle, magnifiquement décorée

et quelle plénitude en ces lieux, je traversais tout

d'abord l'allée lattérale droite, pourquoi ? Je ne sais

pas, c'était purement par instint, les fresques

religieuses et les dorures ne cessaient d'émerveiller

mes yeux, les cierges étaient allumés et contribuaient

à rendre le climat de cet endroit plus chaleureux

encore. Je fixais à présent le grand orgue qui fesait

face à l'autel, puis mes yeux se tournèrent vers

l'allée centrale qui éventrait la nef en son milieu.

 

En déambulant dans cette allée, je remarquais que

j'étais seul, curieux je n'avais pas fait attention à ce

détail auparavant. Qu'importe, j'étais plus tranquille

pour apprécier le calme de la maison de Dieu. Qui

sait, peut être arriverai je à converser avec lui. A

peine eu je pensé ceci qu'un souffle froid me balaya

l'échine. J'eu un frisson et me stoppa net, mon premier

réflexe fût de regarder par dessus mon épaule, rien

évidemment. J'allais reprendre mon chemin quand

une voix féminine, légère mais non dénuée de

doute, arriva à mon oreille. Qui pouvait donc

bien parler ? J'étais seul au milieu de l'allée, au

milieu des bancs de bois, seul.

 

La voix, toujours d'un ton monocorde, continua à

se faire entendre, on aurait dit une prière, rien

d'étonnant dans pareil endroit me dis je. Pourtant

je scrutais l'église d'un oeil perplexe et je n'arrivais

pas à identifier la source de cette voix. Je m'approchait

du troisième banc en partant de l'autel, celui sur la

droite, c'est de là que semblait provenir la sonorité.

J'eu un sursaut quand tous les cierges vinrent à

s'éteindre simultanément, personne n'était entré

et aucun courant d'air ne pouvait avoir produit

un tel phénomène.

 

Je ne voulais en savoir plus, je quittais l'église

d'un pas précipité en m'assurant que rien ni personne

ne me suivait. En tirant la poignée de la lourde porte

en chêne, je failli heurter le curé. Il me demanda si

j'étais venu pour le trouver ou pour y trouver Dieu.

Ni l'un, ni l'autre lui répondis je, je voulais visiter

l'église, un monument historique. Le père semblait

quelque peu déçu, il m'avoua que c'était la dernière

église ou Jeanne d'Arc avait pû y prier avant d'être

ammenée à Rouen le lendemain pour y être

emprisonnée puis jugée.

 

Cette voix, se pourrait il que... ? Non ce

n'est pas possible n'est ce pas ?

  

 

 

GV8 Basilique Saint Denis, Saint Denis

 (Basilique Saint Denis, Saint

Denis, Seine-Saint Denis - 93)

 

 

Sans fin

 

Parmis les stèles froides des gisants ou les

ossements des catacombes, j'étais certain de

finir comme tous ceux que je venais visiter en

ce jour, les rois et les reines de France à la

basilique de Saint Denis. Evidemment en bon

fouineur que je suis, je ne pouvais me contenter

de la visite dite classique, il me fallait braver les

interdictions, passer par dessus les piquets pendant

que la guide ne fesait pas attention à moi. Combien

je regrette à présent, je ne sais pas depuis combien

de temps j'ai perdu de vue le groupe et le temps

est faussé par ici.

 

En effet, cela fait une éternité me semble t'il

que je tourne en rond.  J'ai pénétré les souterrains

de la basilique alors que ceux ci étaient soit disants

en rénovation. Si les ouvriers ont connus le même

sort que moi, je ne risque pas de les retrouver de

sitôt, toujours est il que je n'ai rencontré personne

pour le moment et les couloirs semblent se

ressembler de plus en plus.

 

C'est bien simple, depuis tout à l'heure, j'arpente

la même allée pavée et bordée d'une seule et même

source lumineuse, ce cierge à même le sol, sur la

gauche, qui tient par je ne sais quel prodige. Il semble

me narguer, c'est bien simple c'est comme si je

tournais en rond, comme ci ce couloir n'était

qu'un cercle sans fin. J'ai bien essayé de revenir

sur mes pas, et devinez quoi ? J'arpente toujours

le même couloir avec ce fameux cierge qui devrait

logiquement se trouver à droite et qui se tient

desespérement sur ma gauche ! Ce détail en devenait

tellement horripilant que je mis un coup de pied pour

faire chuter cet objet de folie pour continuer mon

chemin. Et lorsque je repassais devant la source

lumineuse, allez savoir quel horrible intelligence eu

l'idée de le remettre en place.

 

Je le sais parce que je suis revenu sur mes pas à

nouveau, histoire de vérifier. Et en toue logique

j'aurais dû retrouver le cierge à terre, la flamme

vascillant sur le sol, et bien non, toujours ce même

luminaire, debout, me toisant avec défi et qui n'avait

pour réponse que mon dépit. Je ne sais combien de

temps je pourrais tenir avant de devenir fou.

Une chose était à présent certaine.

 

Des gisants ou de l'ossuaire, moi aussi

j'en ferai bientôt parti.

 

 

 

GV9 Fontaine Saint Michel, Paris

 (Fontaine Saint Michel, VIème

arrondissement, Paris - 75)

 

 

La fontaine ensorcelée

 

 

Le temps sembla se figer sur la place Saint

Michel ce soir, j'adorais venir ici, pour y voir la

foule, les vieux livres et les péniches voguer sur

la Seine. Bien sûr ce que j'appréciais par dessus

c'était admirer la superbe fontaine monumentale

qui était accollée au batiment qui fermait la place.

Voir l'archange de bronze noir trônant fièrement

sur son adversaire à terre, le tristement célèbre

Satan. Plutôt Lucifer, ce qui en latin signifie "Porteur

de lumière" car avant d'être le Diable, il fût ange,

le 13ème, celui de la lumière, on disait de lui que sa

beauté, sa force et son intelligence dépassait

celles de tous ses semblables.

 

Mais Lucifer fît l'irréparable erreur de se rebeller

contre son créateur, Dieu, il fût déchu aux

enfers, lui et tous ceux qui voulûrent se joindre

à son ascension impie. Michel, le plus puissant des

archanges, vint le terrasser et l'enchainer dans les

entrailles de la montagne de Meguido pour mille ans.

J'étais perdu dans mes pensées quand j'eu le réflexe

de regarder tout autour de moi, en effet, plus aucun

son ne parvenait à mes oreilles, je ne voyais à présent

plus les voitures circuler, ni les piétons s'empresser

de traverser la chaussée, les passants ne se bousculaient

plus sur la place et pour cause, il n'y avait plus ni

voitures, ni promeneurs.

 

Je levais la tête au ciel, ce n'était pas la disparition

des avions ou même des oiseaux qui m'avait interpellé

mais bien les couleurs surnaturelles dont se parait à

présent le ciel. Les nuages devinrent orangés, le ciel

pris un aspect rougeoyant, le soleil était en train de se

coucher, c'était en fin de journée. Le soleil allait

s'éffondrer non pas derrière les immeubles et la

ligne d'horizon mais plutôt sur lui même, son disque

lumineux s'embrasa alors que son coeur s'obscurcissait

à vue d'oeil. Je regardais la statue, Michel n'était plus

que l'ombre de lui même, terne, gris, il n'avait plus

sa superbe et son trophée avait disparu.

 

J'étais encore abasourdi par ce que je venais de voir, le

Michel triomphant n'était plus, en proie aux deux chimères

qui gardaient la fontaine de part et d'autre du monument.

Et dans tout cela, la figure du démon s'était volatilisé, le

diable était sorti de sa boîte.

 

 

 

 

GW0 Citrouille, Saint Leu

 

 

Bon je ne sais pas pour vous mais ce soir, je

vais lancer un sort à cette citrouille qui eu l'audace

de me fixer de son air moqueur, elle finira avec de

la crême fraiche et du fromage, en gratin, na !

 

 

Joyeux Halloween à toutes et à tous !

 

 

Publié dans Romance

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nadia-vraie 10/11/2010 23:33


Ton article se lit bien et tu as le tour de raconter car il y a un suspense...on te suit comme si on y était.
Tu es bon en écriture Amaury.C'est un bel article sur l'halloween et en passant je ne connaissais pas ce mot samain.Toutes mes félicitations.
À bientôt


camus 13/11/2010 11:48



Ce ne sont que des petites histoires, mes récits sont bien plus approfondis (je suis en train d'écrire Thérapie de la douleur mais ce serait dur à résumer, disons que le héros suppose s'être
retrouvé en pleine nuit dans la vieille usine désafectée qui l'avait effrayé durant toute son enfance lorsqu'il passait devant. Seulement à l'intérier ça ne ressemble à rien, toutes les pièces
sont différentes et semblent irréelles, provenir de chaques souvenirs douloureux du héros... enfin c'est un peu tordu et je suis loin d'avoir terminé). Merci pour les compliments et de rien pour
la signification d'Halloween.



Merlin, photographe amateur 07/11/2010 11:29


Si je puis me permettre, tu as un indéniable talent de conteur. Amaury : l'Edgar Poe du XXIe siècle ! J'aime particulièrement ta nouvelle "Sans fin". Sinon, les chutes sont admirables, de même pour
les photos. Bon dimanche. MERLIN.


camus 07/11/2010 18:53



Edgar Poe... n'éxagérons rien, je n'ai comme seul talent, d'imaginer et de mettre en écrit assez vite, pour la qualité on repassera mais j'accepte avec bon coeur tes encouragements et tes
compliments, ça me fait très plaisir. J'ai beaucoup de retard sur les blogs, il va falloir que je m'y remette, surtout qu'un article sur Dieppe est disponible sur le blog de Merlin et il a l'air
très interessant, tu connais ?



Mosca 06/11/2010 22:12


Peut-être t'es-tu perdu dans quelque labyrinthe... Passe un bon dimanche Amaury, à bientôt.


camus 07/11/2010 18:50



Disons plutôt que je me suis perdu dans les contraintes de la vie à savoir, boulot, famille et amis mais à bien y réfléchir, je ne considère aucun de ces sujets comme des contraintes.



Adélys Peppercorn :0071: 06/11/2010 13:21


J'espère que ta courge aura été délicieuse !!! Très sympa les contes de ta crypte, j'en redemande !!! Bon week-end Amaury


camus 07/11/2010 18:49



Tu en redemandes ? Oumff et bien je suis actuellement sur les versions longues de plusieurs histoires, il y en a 15 en tout, j'attaquerai les deux suivantes ensuite "Thérapie de la douleur" et
"Résonnances" et ce sont toutes des histoires qui font peur ^^ niak niak !



Martine 05/11/2010 07:17


Bon week-end. Bises amaury.


camus 07/11/2010 18:47



Euh bah bonne semaine maintenant lol ^^