Chasseur de légendes 86

Publié le par camus

 

Journal de bord d'un chasseur de légendes

 

 

Chapitre 86

 

 

Et la mélodie se jouait

 

 

 

 C'est par un soir d'octobre que ma meilleure

amie et moi nous retrouvions, direction Paris

pour passer une nuit un peu particulière, à

quelques nuits d'Halloween, nous pouvions enfin

loger à l'hotel Saint-Merry*** situé dans le quartier

du Marais. A la base, c'est un cadeau que l'on

m'avait fait pour mes 24 ans, il m'aura fallu de longs

mois pour organiser cette sortie nocturne avec ma

complice de toujours, Saint-Merry et le Manoir de

Paris, voilà une soirée qui promettait quelques frissons.

 

 

 

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Arrivés dans la rue de la Verrerie; nous

admirions l'entrée de cet hotel gothique niché

au coeur de Paris, accollé à l'église Saint-Merri

et faisant face à la tour Saint-Jacques. Nous

sommes au beau milieu du quartier des alchimistes,

la rue Nicolas Flamel reliant la tour à l'hotel, la rue

Pernelle à proximité, la rue Saint-Martin et celle

de Quincampoix sont nimbées de mystères, mon

coeur se met à battre la chamade, nous entrions.

 

 

 

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Une jolie nymphe nous accueillait à l'entrée,

un étroit escalier en colimaçon nous conduisait

à l'étage et accessoirement à la réception. Le

mobilier ancien, les petites fenêtres et

l'emplacement de l'hotel faisaient que l'édifice

était assez sombre, les pièces chargées de

mobilier et d'histoires étaient presques

étouffantes, l'excitation faisant le reste.

 

 

 

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A notre grande surprise en nous remît les clés

de la chambre 17, réputée comme étant l'une

des chambre les plus hantée de l'établissement.

Comment ? Vous ne saviez pas ? L'hotel

Saint-Merry est bien connu des amateurs de

surnaturel, il est considéré comme l'un des

lieux les plus hantés de la capitale. La maison

étant sérieuse et l'établissement étant un hotel

prestigieux avant tout, nous décidions de ne point

évoquer le sujet des fantômes de l'hotel. C'est

avec le coeur battant la chamade que nous nous

lancions dans l'ascension des marches de cet

escalier tortueux nous emmenant à notre

chambre en bout de couloir, un corridor

étroit mais charmant.

 

 

 

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Lorsque nous pénétrions dans la chambre, nous

fûmes stupéfait par le charme gothique de la

pièce, impossible de rester de marbre devant

pareil spectacle, deux lits dont un double, une

table, trois chaises, deux tables de chevet, un

porte-manteau, une armoire, un tableau, et rien

que du mobilier ancien. La plupart des gens

regarderaient cette chambre avec effroi et

dégout en se disant qu'il devait être horrible

de passer la nuit ici.

 

 

 

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Nous observions avec fascination l'élégante

demoiselle représenté sur la toile faisant face

au lit double. Nous nous regardions, échangions

quelques notes d'humour et quelques regards

nerveux, il faut dire que l'aspect de la pièce

était écrasant d'emblée mais nous finissions

par nous y habituer. Nous déposions les

bagages, prenions quelques photos avant de

quitter l'hotel, direction le Manoir de Paris !

 

 

 

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Le Manoir de Paris est certainement le batiment

le plus terrifiant du Xème arrondissement, situé

rue de Paradis, il propose de revisiter l'Histoire

de la capitale sous son jour le plus effrayant,

à l'instar du London Dungeon et du London Tombs

situé dans les entrailles du prestigieux London

Bridge. L'opéra et son fantôme, Quasimodo et

Notre-Dame, le cimetière du Père Lachaise,

l'épidémie de Peste, les catacombes et quelques

psychopathes assoifés de sang vous y attendent,

sensations garenties, peut être même trop, je ne

suis pas effrayé par ce genre d'attraction, au

contraire, j'aime plutôt ça, mais disons le clairement

et je ne sais pas si des mesures ont été prises depuis,

certains élément du décors sont clairement dangereux,

pointes et grilles peuvent vous surprendre tout autant

que les acteurs prennent un malin plaisir à vous faire

peur, si les protagonistes n'ont pas le droit de vous

toucher, ils peuvent en revanche vous destabiliser et

vous faire frôler de trop près des décors. Mais là ou

ça devient une honte, c'est à la toute fin du parcours

lorsque l'on vous propose de vous faire guillotiner la main.

 

Vous pouvez y laisser vos doigts, au sens propre

car un accident se produisit juste après notre passage,

et un jeune homme y a vraiment laissé le bout de ses

doigts, déplorable, surtout que le personnel réagissait

pour le coup, un peu trop lentement et ce fût une

membre de l'équipe à l'extérieur qui appella les

secours sur notre sugestion, de mon amie et moi même.

Gageons que des mesures de sécurité plus strictes

ont été prises depuis cet accident vraiment déplorable

qui cassa toute l'ambiance et nous contraigna à ne

prendre aucune photo, même de l'extérieur fort joli.

 

 

 

IC1 Hotel Saint Merry, Paris

 

 

De retour à l'hotel, nous avions encore l'image

de ce pauvre jeune homme et de ses doigts

ensanglantés, j'espère que la blessure était

plus impressionnante que grave, vraiment le délire

de la soirée était cassé, du moins pour un temps

puisque l'ambiance de notre chambre nous ammena

vite à la deuxième attraction de la nuit, ou quand

passer une nuit à l'hotel devient aussi distrayant

qu'une journée dans un parc d'attraction.

Maintenant que le soleil était couché, voyons si

la chambre avait revêti un autre visage.

 

 

 

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Il y avait cette tache au mur qui intriguait

Laetitia, la petite salle de bain nous laissaient

perplexes, l'église étant de l'autre côté du

mur, nous pouvions entendre par l'aération,

le bruit du mécanisme de la cloche qui

s'enclenchait, charmant. l'air lui-même semblait

chanter par moment. Hors de question pour mon

amie de fermer la porte de la salle de bains,

aussi la laissa t'elle entrouverte et me priait de

rester à proximité, des fois que... Hors de question

de dormir seule dans ce grand lit, aussi insistait

t'elle pour que je prenne place à ses côtés,

côté tache sur le mur d'ailleurs.

 

 

 

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Nous admirions les détails des boiseries, ce

qui rendait l'aspect des meubles extrêmement

travaillé et chargé, des animaux, des angelots,

des personnages grotesques, il fallait attendre le

lendemain matin pour pouvoir les prendre en

photo et encore avec difficultés. Nous fixions le

tableau face à nous, nous évoquions en même

temps les histoires d'apparitions et les cas de

suicides liés à l'hotel et à la chambre 17. Des

récits aussi troublants qu'anciens, ne vous

attendez pas à des faits datant forcément

de la veille ou de l'année passée.

 

 

 

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Nous nous effrayons mutuellement à penser

à la folie qui pouvait nous atteindre avant notre

départ, j'évoquais l'église Saint-Merri voisine

et son symbolisme mystérieux ainsi quà son

organiste le plus célèbre, Camille Saint-Saens,

compositeur français de musique classique

(ou contemporaine), génial créateur du Carnaval

des Animaux et de la Danse Macabre, désormais

enterré au cimetière du Montparnasse, son aura

illumine encore le choeur de cet édifice religieux et

sa plus célèbre mélodie se jouait dans ma tête.

 

 

 

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La journée fût longue et chargée, entre

les préparatifs, le voyage, l'installation à l'hotel

et la visite du Manoir, nous étions fatigués,

secoués par toutes ces émotions, c'est avec

appréhension que nous nous endormions, tout

feux allumés puisque nous étions tellement dans

notre délire que nous avions peur d'éteindre la

lampe et avec la veilleuse que la nuit se termina

sans encombre. Sûrement victime de mon imagination

et pris par le "jeu", j'avoue que j'eu peur en voyant

les ténèbres envahir la chambre lors de ma tentative

d'exctinction des feux, mais j'en riais de bon coeur

dès le jour levé.

 

 

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Au petit matin, vérifications de nos photos, et

prises de clichés sur tous les détails de la

chambre, lustre, lits, armoire, chaises, table, tout

étant tellement décoré. Nous avions la veille au soir

essayé quelques poses entre nous et quelques délires

également, nous avions même essayé les t-shirts

achetés au Manoir en guise de souvenirs, bah, on

ne vit qu'une fois n'est ce pas.

 

 

 

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Comme le temps passait vite, il était

bientôt l'heure de quitter ce magnifique

hotel, je fît une rapide toilette pour laisser

la place à mon amie, j'en profiter pour

admirer une dernière fois les détails parfois

inquiétants de la pièce, nous sentions le souffle

glaçant de la pièce d'eau, c'était sans conteste

l'endroit le plus chargé de notre chambre, il y

avait un je ne sais quoi de tétanisant dans cette

pièce, nous n'avions eu aucun déboire avec des

fantômes, comme aucune apparition ne vint

nous tenir compagnie.

 

 

 

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Le petit déjeuner nous fût apporté à la

chambre, trois étoiles oblige, les fleurs, les

tasses et le jus d'orange apportaient une touche

de gaieté et de luminosité appréciable que

visiblement notre hôtesse peinte semblait

partager. D'ailleurs il est resté une légende

depuis notre nuit dans cette chambre, il

semblerait que nous ayons échangés de

personnalités, Laetitia et moi, étant devenu plus

philosophe et positif à l'inverse de mon amie qui

semble étre devenue plus sinique et négative.

Mais ça reste notre anecdote personnelle à

nous, notre délire quoi.

 

 

 

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Nous saluions les tableaux de la chambre, du

corridor et de l'escalier, déposions quelques

notes dans le livre d'or et remercions le personnel

pour ce court mais excellent séjour, il ne nous

restait plus qu'à visiter le Marais et ses

mystères. Pour commencer, quelques dernières

photos de l'hotel puis de l'église Saint-Merri, je

repensais aux Templiers qui dit on avait célébré

quelques messes en ces lieux, je pensais donc au

culte de Baphomet, une divinité ramené du Proche-

-Orient et des croisades, symbôle de fertilité, on

peut voir une étrange sculpture lui ressemblant

sur la façade de l'église.

 

 

 

IC4 Eglise Saint Merri, Paris

 

 

Il parait que cette gargouille n'a aucun rapport

avec le Baphomet divin de Syrie et le démon

Baphomet représenté comme le bouc satanique

dans la démonologie, qu'il s'agit tout simplement

d'un symbôle religieux évoquant la fertilité, avouez

que la représentation est troublante, surtout

sur une église catholique.

 

 

 

IC2 Eglise Saint Merri, Paris

 

 

La symbolique de Saint-Merri peut sembler

terrifiante surtout qu'elle est intimement liée

aux mystères de l'édifice et du quartier,

marqué par les templiers et les messes

prophanes. L'hotel étant l'ancien presbytère

de la paroisse de Saint-Merri, rien d'étonnant

à ce que l'on lui trouve toute sorte de récits

plus troublants les uns que les autres.

 

 

 

IC3 Eglise Saint Merri, Paris

 

 

Je repensais à Camille Saint-Saens et à ses

partitions à l'orgue, il est vrai que les mélodies

jouées à l'orgue ont un quelque chose de sacré et

de mystérieux, souvent associé au religieux dans

un temps et aux histoires d'épouvante dans un

second temps. Et à nouveau je pensais à la Danse

Macabre de l'artiste, je ne pût m'empêcher de

penser à cette mélodie qui se jouait en ces murs.

 

 

 

IC5 Eglise Saint Merri, Paris

 

 

A nouveau j'évoquais les enigmes du quartier

avec mon amie, la magie noire et l'alchimie

étant de mise par ici, les rues, anciennes

et chargées se mélangeaient, reliant les

bas-fond de Beaubourg et bassesses du

Marais. Les Halles et la rue de Saint-Denis, de

la vieille Lanterne et de la Grande Truanderie

d'un côté, marquant le côté noir de Beaubourg

et des Halles. De l'autre, les rues de

Quincampoix, Saint-Martin, de la Verrerie,

Pernelle ou encore Nicolas Flamel. Plus au

nord, nous avions encore Saint-Merri,

Montmorency et le Temple, alors qu'au sud, nous

avions Saint-Jacques et la Cité, que des lieux

chargés d'enigmes et de mystères.

 

 

 

IC6 Hotel de ville, Paris

 

 

Nous nous arrêtions sur le parvis de l'

Hotel-de-Ville pour admirer le "château" de

Paris, ses sculptures, ses formes et ses lumières.

Quelques photos plus loin, nous nous arrêtions

devant l'immense église de Saint-Gervais-Saint-

-Protais ainsi que de l'école de Compagnonnage,

autrement dit, la franc-maçonnerie parisienne à

l'état pur, plus loin, nous foulions les jardins de

l'Hotel de Sens abritant la bibliothèque Forney

ainsi que les archives de la Commanderie du

Temple, les sociétés secrêtes sont encore là.

Nous remontions le lycée Charlemagne pour

admirer la somptueuse église de Saint-Paul-

-Saint-Louis, fermée malheureusement, tout

comme l'était Saint-Merri.

 

 

 

IC7 Hotel de ville, Paris

 

 

Dernière étape, l'île de la Cité dont je vous ai

maintes fois raconté les légendes (le square du

Vert-Galant, la place du Pont-Neuf, le Pont-

-Neuf, la place Dauphine) pour nous arrêter sur

le parvis de Notre-Dame, nous pensions au kilomètre

Zéro et surtout à la fête des Fous et à la cour des

Miracles. Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo

hantait nos esprits, nous faisions rapidemment

le tour de la cathédrale pour ensuite nous attarder

dans le musée, le trésor. Malheureusement il fallait à

nouveau sortir, payer et faire la queue pour gravir

les tour de la cathédrale. Je m'était promis de monter

avec Laetitia, quitte à combattre le vertige pour

photgraphier la vue, les gargouilles et immortaliser

le mythe de Quasimodo. Hélas, trop de monde, le

temps nous manquant et le fait de repayer nous

exaspérait, nous nous redirigions vers les Halles.

 

 

 

ID3 Eglise Saint Eustache, Paris

 

 

Nous pensions en partant à la légende du

portail de la cathédrale, aussi passions nous

près de la place Joaquim du Bellay et sa

fontaine des Innocents, liée à la légende. Le

jardin des Halles nous ammenait directement

à penser au fantôme de la tour de la Bourse

de Commerce, à la mort mystérieuse de Gérard

de Nerval et à l'ancien cimetière des Innocents.

En regardant de loin l'église Saint-Eustache, je

pensais à la confrérie des prêtres exorcistes

de France. De retour à Saint-Merri, je pestais

contre ces portes closes nous interdisant

l'accès à l'église.

 

 

 

ID1 Eglise Saint Merri, Paris

 

 

Bercé par la musique de Camille Saint-Saens, la

musique résonnait une dernière fois dans ma tête

avant que nous n'ateignions le métro Rambuteau

près de Beaubourg, le centre Pompidou. Nous

repensions à tous ces évènements et toutes ces

découvertes, le sourire aux lèvres, sûrement que

nous allions remettre ça (c'est en préparation et

ce sera un peu différent en contenu). Tous ces

souvenirs s'enchainait encore fraichement dans

mon esprit et résonnaient comme une mélodie, l'âme

du musicien venait repeupler l'église, et derrière

les murs de notre chambre, certainement que nous

avions préssenti que les lieux étaient à ce moment

déserts et que la mélodie se jouait.

 

 

Publié dans Hantise

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Esclarmonde 02/07/2012 08:42

Bonjour Amaury, cela fait un moment que je vois vos commentaires chez l'irlandaise alors la curiosité a fini par me donner envie de voir votre blog. Je ne connaissais pas cet hôtel et le manoir,
pourtant je suis restée six ans à Paris et sa proche banlieue ! Une ambiance digne des romans gothique, Bram Stoker aurait certainement beaucoup aimé ! Merci pour ces découvertes, amicalement
Esclarmonde

camus 02/09/2012 16:42



Merci Esclarmonde, je suis en effet un habitué du blog de l'Irlandaise et votre nom du coup ne m'est pas inconnu, je suis très heureux de vous lire sur mon blog, je m'excuse de ne donner des
nouvelles que maintenant, disons que pour l'instant, la période est assez agitée mais j'espère poursuivre l'aventure très bientôt, merci pour votre commentaire flatteur.



Jacqueline 28/06/2012 22:39

Et moi je de décarcasse à courir de beaux chemins et Amaury a disparu personne ne me dit rien A-t-il été hapé par une belle inconnue s'est-il perdu dans une méandre de la Seine ! quelqu'un peut-il
me le dire !!!
Entendant des halebardes tomber du ciel et hacher menu mon petit chalet j'ai sauté dans mes chaussures et mis ma cape de pluie mais pas d'Amaury m'a dit le boucles ânes serraient contre eux m'ont
assuré que seule la grêle les avait tenu évéillé.
Où que tu sois je t'espère en bonne forme
Ton amie Lyonnaise Jacqueline

camus 01/07/2012 18:54



La forme, ça va à peu près haha, pas de belle inconnue, ni même de baignade dans la Seine, travail, papier, fatigue, travail et fatigue, rien que ça mais c'est déjà pas mal.



lamée 24/06/2012 22:23

Bonsoir Amaury
Je pense que tu dois être occupé...Je passais juste te faire un petit coucou.Bises.Lamée

camus 01/07/2012 18:53



Comme je le disais, le mois de mai fût celui du rangement, des élections, des impôts, de la sécu et du boulot, quant à juin, mis un part un mariage, ce fût bien 3 semaines de boulot d'affilé sans
week-end, du coup, très peu de temps libre mais beaucoup de fatigue en revanche.



peintrefiguratif 23/06/2012 14:57

pas de nouvel article tu es toujourd aussi occupé
raymonde

camus 01/07/2012 18:51



Très occupé, trois semaines de travail non stop et un mariage avant ça, bref ça calme !



peintrefiguratif 11/06/2012 13:40

le lit à été refait vous êtes partis
bonne journée
raymonde

camus 01/07/2012 18:51



Oui il y a dû y avoir d'autres personnes qui ont froissé les draps depuis.