Chasseur de légendes 27

Publié le par camus


Journal de bord d'un chasseur de légendes


chapitre 27


La malédiction du château



Vous êtes nombreux à avoir attendu pour lire ce chapitre,
votre patience vient de porter ses fruits car voici le dernier
chapitre en date de mes pérénigrations dans le monde du
surnaturel et aujourd'hui il sera question du château de Chantilly.






Les origines du château de Chantilly remontent à l'époque
gallo-romaine car c'est à ce moment que le romain Cantilius
(notez bien la ressemblance entre le nom latin et le nom
français) fît construire une magnifique villa. Plus tard, le
château et son domaine seront considérés comme des merveilles
dans tout le royaume de France. On doit les jardins à la
française au célèbre paysagiste de Louis XIV, André Le Nôtre.






Du XVème au XIXème siècle, le domaine a appartenu aux
deux familles parmis les plus puissantes de France, les
Montmorency, puis les Condé avant que l'Etats ne devienne
acquéreur du site au XXème siècle. Le château possède
vraiment une histoire étonnante et elles revinrent dans mon
esprit à mesure que je m'enfonçait dans le domaine.





Dans cet univers si enchanteur soit il, quelques taches persistent
notament celui du fantôme de Louise de Budos (1575-1598) qui
fût la seconde femme de Henri Ier de Montmorency, le
commandant en chef des armées françaises. C'est une bien
triste histoire qui débute un jour d'hiver en février 1593 plus
exactement. Alors que Henri se rend à Pézenas pour les
funérailles de l'un de ses fils, le plus jeune, il fît la rencontre
d'une jolie veuve, Louise de Budos.






Henri épousa la jeune et jolie veuve le mois suivant mais
d'après les mémoires du duc de Saint Simon, l'union fût loin
d'être des plus heureuse, fortement négligée par son mari,
Louise voyait régulièrement un étranger. Un jour les deux amants
fûrent apperçus tout près du château et c'est le lendemain qu'on
retrouva le corps de Louise sans vie. Dans les mémoires on peut
lire que les principaux de la maison attendîrent jusqu'à 22h pour
enfoncer la porte de la chambre de la connétable après avoir
entendu gratté, appelé et frappé pendant plusieurs heures.






On retrouva Louise de Budos morte, le col entièrement tourné
du côté de l'épine du dos, mais chose encore plus étrange, sans
être pour autant défigurée. Les principaux de la maison notèrent
une odeur de souffre très forte dans la chambre. Le jour de l'enterrement, Henri tomba amoureux de Mme de Dizimieu
qui avait retrouvé sa nièce morte...






Le duc de Saint Simon s'interrogea sur une si soudaine passion
de la part de Henri Ier de Montmorency. Selon lui, cette ardeur
dans ses sentiments viendrait d'un anneau magique qu'avait
remis un mendiant à Louise peu avant son mariage. Cette
bague qui suciterait l'amour fît voler sur le corps de sa nièce
morte par Mme de Dizimieu qui jeta la bague dans les jardins
d'Ecouen quelques temps après.






Après s'être débarassé de la bague, le charme fût rompu
et Henri obtint le divorce quelques mois plus tard. Pendant
que j'entamais la visite de ce magnifique château, je pensais
à cette histoire étonnante et à sa suite que je vais vous raconter
et qui est encore plus trouble. Je photographiais quelques
pièces de la magnifique collection rassemblée par les Condé
et je me remémorais ceci.





C'est peu de temps après cette rupture entre Henri Ier
de Montmorency et Mme de Dizimieu que le fantôme de
Louise de Budos apparut au chateau. Son spectre revint
peu de temps avant la mort de chaque propriétaires du
château... un bien funeste présage. C'est en 1685 que Vervillon,
écuyer de Louis Armand Ier de Bourbon et Prince de Conti
et ainé de la maison Condé, apperçut Louise à l'une des
fenêtre de la salle d'armes.







Quelques jours pus tard, le prince décédait d'une violente
attaque de vérole... avait il succombé au mal similaire qui
frappa son épouse à Fontainebleau ou était il victime de
la malédiction jetée par Louise de Budos. Quoiqu'il en
soit, les circonstances vraiment étranges de la mort de la
connétable indiquent que le château est bel est bien habité
par des forces sunraturelles.





La visite du château se passait bien, j'avais du mal à
rester sérieux avec mon ami Florian, nous ralions contre
les bonnes gens qui utilisaient le flash à tout va... je ne me
considère pas comme un bon photographe, loin de là mais
j'avoue que je sais me servir un minimum de mon appareil et
que je sais activer ou désactiver un flash et jouer sur l'ISO
quand les teintes et la luminosité changent.









Les salles du château sont magnifiquement décorées, la
bibliothèque est superbe, les fesques peintes le sont tout
autant et que de belles statues croisées pendant la
promenade. Bref un vrai plaisir de déambuler dans ces lieux
magiques, cela me donnent envie de vous montrer quelques
photos avant de passer aux autres bizarreries du château.












Le château de Chantilly est également le lieu de bien
étranges anecdotes concernant la famille Condé cette fois
ci. Le septième prince de Condé qui vécut à Chantilly de 1719
à 1735 était persuadé qu'il se réincarnerait en cheval, il
fît alors construire de merveilleuses écuries près du château.
Il s'est bien sûr choisi un box superbe qui l'accueillerai dans
sa nouvelle vie... curieux non mais merci en tout cas pour
les fameuses écuries.







Autre fait étrange, l'un des ancêtre de ce même prince
de Condé, était persuadé qu'il s'était métamorphosé en
chien. Aussi se mettait il à gambader dans le parc tout en
aboyant. Cela peut sembler complètement ridicule mais oui
en fait ça l'est mais ce fait me fait pencher sur une hypothèse
que je vous énoncerai tout à l'heure. Pour le moment, place à
la chapelle du château et son architecture si belle qui 
contribue à la célébrité du château.



la chapelle










Avant de parcourir le reste du château et son parc, un
autre évènement s'est produit en ces lieux, un fait relaté
par l'incroyable chroniqueuse que fut Mme de Sévigné. Il
s'agit de la mort du maître d'hotel du Grand Condé, Vatel.
Ce dernier était non seulement le chef des cuisines mais
aussi l'inventeur de la célèbre crème Chantilly que
beaucoup raffole encore de nos jours.






Pour résumer l'histoire, lors d'un diner que donnait le prince
de Condé en l'honneur de sa majesté Louis XIV, un tragique
évènement pertuba la soirée car Vatel s'était donné la mort,
craignant que le poisson n'arrive en retard. Il s'agit là d'une
histoire vraie mais peut être les causes de ce suicide diffèrent
t'elles de la raison officielle.



la cour du château et autres curiosités











Une autre histoire me vient en tête... en fait non car elle
était déjà dans mon esprit au début de la visite, il s'agit de
la mort du dernier prince de Condé, ce dernier mit fin à ses
jours dans son château de Saint Leu la Forêt, on le retrouva
pendu à l'espagnolette de sa chambre. On ne sait toujours pas
si il s'est suicidé ou si on l'y a aidé. Sa femme par exemple pour
toucher l'héritage et donc la fortune considérable de cet homme.

 




Le château et le domaine appartenait également à cet
homme retrouvé mort et dont le château ou s'est produit le
drame, a été détruit par la suite. J'en viens donc à l'hypothèse
suivante, le prince aurait il apperçut le fantôme de Louise de
Budos peu avant de se donner la mort ? Louis Armand Ier de
Bourbon, Henri Ier de Montmorency, le septième et le dernier
Prince de Condé, le surintendant Vatel, tous ont plus ou moins
trouvé la folie ou la mort dans d'étranges circonstances et
tous sont liés de près ou de loin au château de Chantilly.


le parc






Le parc du château est vraiment vaste, il occupe une partie de
la forêt de Chantilly, c'est un endroit paisible et magnifique ou
un jeu de piste a été édifié, il fût appellé "Jeu de l'Oie", on
peut suivre plusieurs chemin et tomber sur des clairières ou se
trouvent statues et autres vestiges de l'époque faste de la
Renaissance. Une atmosphère particulière se dégage de cet endroit.






L'après midi étant bien entamé nous n'avons pas pu faire le
parc dans son intégralité mais nous y avons vu de belles choses
comme la maison de Sylvie ou le point d'eau et ses canards
gourmands. J'ai beaucoup aimé ce jeu de piste, on pourrait y
organiser de merveilleuses partie de jeu de rôle. Je remarquais
que plus on s'éloignait du château est plus l'atmosphère se
détendait... moins lourde mais tout aussi mystérieuse.






Comble du malheur, le reste des jardins étaient en travaux,
je veux bien évidemment parler des jardins à la française de
André Le Nôtre dont la quasi totalité était devenue inaccessible.
Je passais à côté d'un magnifique panorama et de quelques
belles photos de statues, de fontaines et d'allée en fleurs.
L'après midi touchant à sa fin, il fallait rentrer et ainsi snober
le magnifique jardin à l'anglaise et son temple de l'Amour.






Il faut dire que les préparatifs de la fête de réception du
mariage dont je vous parlais dans l'article précédent gachait
un peu le plaisir et donc une partie de ce jardin à l'anglaise.
Si l'on ajoute les touristes qui mitraillent au flash sans
cesse sans s'imprégnier de l'atmosphère du château, les
travaux et nous mêmes, mon ami et moi qui accusions de
quelques signes de fatigue, il était temps de se retirer donc.






Il fallait quand même voir le petit jardin de la Volière niché
au creux du château, il était magnifique. Je dû m'assoir un
moment sur les marches, la journée commençait à se terminer,
le début de la fin comme j'aime bien dire. Je me senti observé
à cet endroit, pas par les sculptures d'empereurs romains mais
par une présence à qui je tournais le dos... comme si quelqu'un
ou quelque chose me fixait depuis l'une des fenêtres de l'étage.
Je pensais tout de suite à Louise de Budos avant de me lever
et de prendre le chemin du retour avec mon ami.






J'en viens à me demander si le château ne rend pas fou,
entre un duc qui tombe amoureux sous l'influeuce d'une
bague magique, un prince se prenant pour un chien, un autre
persuadé qu'il reviendra sous la forme d'un équidé, un maître
d'hotel qui se suicide pour un poisson qui arriva finalement en
retard (suicide oblige), une connétable infièle retrouvée morte
dans des circonstances mystérieuse et dont la malédiction
semble atteindre les propriétaires du domaine et enfin un
prince qui se suicide pour marquer la fin de la famille Condé.

Tout ceci nous prouve bien que le château sans avoir connu
les batailles féodales, est bien marqué par la folie et la mort,
il ne manquerais plus que je devienne fou à mon tour... quoi que
non je le suis déjà plus ou moins ou alors peut être que je
pourrais le devenir un peu plus suite à ma visite dans le
château de Chantilly, si merveilleux à l'extérieur et pourtant
si entaché à l'intérieur par la folie et la mort.



note :
J'espère que l'article vous plaira car il a comptabilisé à lui seul
près de quatre heures de travail. Vous pourrez retrouver dans
le prochain article, un compte rendu sur le salon du Bourget,
ce qui devrait vous faire patienter jusqu'à la prochaine visite
d'un lieu hanté, le château de Versailles et ses jardins si tout
va bien. Bon week end à toutes et à tous !!


Publié dans Hantise

Commenter cet article

Martine 02/08/2010 06:44


Il faut que je retourne à Chantilly, la bibliothèque est ce que j'avais préféré dans la visite, je suis restée dans cette pièce comme fascinée. Terrible histoire que celle que tu racontes.... Je
suis sur Ecouen et le spectacle Léonardo qui raconte la vie à la cour du château d'Ecouen et du Connétable de Montmorency du temps d'Henri II. Bonne journée


camus 02/08/2010 21:34



J'ai vu ton superbe article sur Ecouen, je suis content de t'avoir donné à nouveau l'envie d'aller sur Chantilly, ce ne sont pas les légendes et les fantômes qui y manquent, mais je sais que tu
préfères la beauté naturelle des lieux et le charme... et à vrai dire, moi aussi !



Merlin 30/07/2009 19:07

Ah ! Mille excuses pour cette grossière erreur ! Non, dans l'Oise j'ai visité Pierrefonds et Compiègne et peut-être bien l'abbaye d'Ourscamp sans oublier une ville que j'aime beaucoup, Noyon. Merci.

Merlin 30/07/2009 18:15

Merci beaucoup Amaury. Beaucoup de lieux m'évoquent évidemment certaines légendes. Je connais Pierrefonds ... et c'est tout ! Même si j'adore flâner dans 'Oise, j'ai peu visiter ce département au point de vu monuments (l'abbaye de Royaumont tout de même). L'abbaye de Chaalis me tente énormément tout comme Chantilly et Raray - effectivement il faudrait faire fortune pour y dormir !
Encore merci.

camus 30/07/2009 18:35



N'hésites pas si tu as besoin de détails, d'informations plus approfondis, d'itinéraires et de bons coins. Pour Raray je me suis renseigné au niveau des tarifs, disons qu'il n'est pas nécéssaire
de faire fortune mais mieux vaut avoir quelques sous de côté. Comptons bien 200 € pour la nuit et quelques extras si mes souvenirs sont bons.

Je vais chercher quelques autres coins suceptibles de nous interesser dans le coin (à savoir l'Aisne, la Somme et l'Oise...) mais malheureux ne dis pas que Royaumont se trouve dans le 60, non non
c'est bien dans mon département du Val d'Oise (le 95) qu'elle se trouve même si c'est à la frontière, d'ailleurs tu peux aller consulter l'article consacré aux mystère du coin (le chapitre 13 il
me semble) mais c'est vrai que l'abbaye se trouve à la frontière et est toute proche de Coye la Forêt.



Merlin 30/07/2009 15:57

Amaury, toi qui connaît très bien ces région picardes, pourait tu me renseigner sur quelques lieux hantés de l'Oise en vu d'un futur projet ?

Amaury 30/07/2009 18:01


Bien sûr, je vais essayer de t'aider sur ce sujet là.

1 Le château de la Reine Blanche à Coye la Forêt est l'endroit idéal pour commencer tes investigations, le cadre est enchanteur, la légende de la dame blanche fascinante. Le propriétaire pourra te
faire visiter le château seulement durant la belle saison, bien sûr il pourra te donner des infos, la ville est sympa à visiter et le café est un bon endroit pour glaner quelques
renseignements.

2 Le château de Chantilly que tu connais sûrement très bien de part sa célébrité, le livre de Marsden et mon article. Un lieu superbe, pleins de mystères mais dont les jardins sont en
restructuration. Attends un peu avant de t'y rendre et essaye d'y aller en semaine, genre à la rentrée, histoire d'éviter la foule.

3 La crypte Saint Frambourg à Senlis est un endroit fort mystérieux situé à quelques km à peine de Chantilly et puis la ville médiévale te comblera surtout sa cathédrale et son ancienne abbaye.

4 Le château de Raray que tu dois maintenant bien connaître se trouve près d'une départementale à quelques km au nord est de Senlis. Tu connais les légendes et bien sûr inutile de préciser que pour
y passer la nuit (mon projet), il faudra sortir le cash.

5 Pierrefonds est encore plus au nord, près de Compiègne (ville à voir) mais de l'autre côté de la forêt. Tu seras impressionné par son superbe château néo-gothique et sa crypte qui est une
réplique de celle de la basilique Saint Denis. L'atmosphère y est fantastique.

6 Beauvais est une étape interessante, déjà pour ses monuments, la cathédrale Saint Pierre (plus haut choeur gothique du monde), la plus vieille cloche de France ou le plus haut château d'eau
d'Europe. Mais surtout, la curieuse vierge barbue qui se trouve dans l'église Saint Etienne.

7 Le pont du Diable de Bornel est empreint d'une légende, celle d'une dame blanche. Seulement je ne suis pas certain de l'emplacement du pont (à l'entrée de Belle Eglise, direction Chambly mais
faut connaître, c'est pas loin de la gare) mais si jamais tu ne trouve rien, tu tomberas certainement sur des personnes qui me connaissent (librairie, centre de loisirs, enfants et quelques parents
et collègues), dis leurs que tu viens de ma part ^^.

Et puis quelques lieux à ne pas louper, Gouvieux près de Chantilly (là ou a résidé quelques temps Erick Fearson) est très interessante, de même que l'abbaye de Chaalis (près du Parc Astérix) et
l'église de Saint Sulpice (près de Silly Tillard).

J'espère t'avoir aidé dans tes recherches. Bon courage et merci de ta visite.


peintrefiguratif 03/07/2009 21:52

je suis revenue lire tous les mystères de notre beau paris
cela doit être un régal de faire des visites avec toi
tu te renseignes avant la visite sur tous ses mystères pour mieux les savourer, ou après t'être imprégné du lieu