Chasseurs de légendes 18

Publié le par camus


Journal de bord d'un chasseur de légendes


chapitre 18


Le cimetière de la Terreur



Derrière ce titre pompeux se cache une verité
car il s'agit bien d'un cimetière ayant vécu la
Terreur, pas la peur, mais la période de
l'Histoire succédant à la Révolution Française,
mais si vous savez, Danton et Robespierre. Et
vas y que je te guillotine tout ce qui bouge, la
transition entre les deux pouvoirs, j'en passe
et des meilleures. Bon c'est bien mais cela ne
nous dit pas ou cela se trouve, je vais vous
le dire, au cimetière de Picpus.




l'archange Michel gardant les lieux



Le cimetière de Picpus est un petit cimetière
privé situé dans le 12ème arrondissement de
Paris. Il est accessible par le métro Nation ou
Picpus. Il faut payer pour le visiter, l'entrée
coûte 3€ et le site est ouvert de 14h à 17h
même si le gardien est souple sur l'horaire et nous
permet de rester un peu plus longtemps si
nécessaire. L'endroit est calme et abrité
entre les immeubles du quartier. On peut y visiter
la roseraie (beaucoup mieux à la belle saison), le
cimetière, la chapelle et le petit parc.


Commençons par l'entrée, j'arrive devant une
lourde porte en bois avec à ma droite un pavillon
abritant la loge du gardien. Celui ci vient à ma
rencontre et m'explique le déroulement de la visite
en me remettant un plan avec l'histoire des lieux
au verso. Après avoir payé la modeste contribution,
je me décide à débuter l'aventure. Je pénètre 
dans une cour pavée avec un puit en son centre,
devant moi se trouve la chapelle de Notre Dame de
la Paix et à gauche, la grille menant au cimetière.




la chapelle de Notre Dame de la Paix



Après avoir franchi la lourde grille (véridique)
menant au cimetière, une sensation de
tranquilité s'empara de mon subconscient.
L'endroit est paisible, bien sûr il n'y a pas de
fleurs en cette saison mais les lieux restent à
la fois simples et jolis. Je déambule le long
des petites allées, m'imprégnant de l'atmosphère
si particulière de l'endroit. Je m'y sens bien, à
l'abri des regards, comme protégés par une
force invisible mais appaisante.


Je traverse le petit parc bordé d'arbres, la statue
de Saint Michel, du moins que pense qu'il s'agit
de lui, m'accueille sobrement. Je regarde l'étrange
porte qui aurait été l'entrée d'une chapelle-grotte
dédiée à Saint Augustin. Cet endroit m'inspire,
pourtant je ne suis pas encore à proprement
parler, entré dans le cimetière. D'ailleurs je
m'apprête à y pénétrer.




la fameuse porte


Le cimetière est minuscule, divisé en deux
parties, il est la demeure éternelle de quelques
grandes familles comme la famille de Noailles,
celle de la Rochefoucault, celle de Montmorency
ou encore celle de Nardaillac. C'est aussi le lieu
ou repose la princesse de Grimaldi et le général
de Beauharnais. La star incontestée est sans
conteste le général et marquis Joseph Marie
La Fayette, héros de l'indépendence américaine.

La Fayette n'est pas seulement celui qui a donné
son nom à la rue qui traverse les 9ème et 10ème
arrondissements de Paris, ni même celui qui a
donné son nom aux célèbres galeries, élite des
grands magasins de la capitale aux cotés de
Printemps, La Samaritaine et Le Bon Marché.
Non, le marquis est celui a participé à
l'indépendence des Etats Unis d'Amérique
en boutant les tuniques rouges anglaises hors
du continent. Il est la personnalité française, aux
côtés d'Edith Piaf, la plus célèbre aux Etats Unis.




la tombe du général et marquis
Joseph Marie La Fayette


Pour anecdote, lorsque le général Pershing et
ses hommes arrivèrent en France, l'officier
lança fièrement "La Fayette, nous voilà !!", la dette
est désormais payée puisque l'armée américaine a
grandement contribué à la libération de Paris et
de la France. La tombe du marquis et toujours
surmontée de l'étentard américain, comme vous
pouvez le constater, le drapeau des Etats Unis
flotte fièrement au dessus de la tombe de celui
qui fût plus qu'un allié à l'époque.


Il y a une partie fort mystérieuse que l'on ne
peut visiter, il s'agit de l'ancienne fosse commune
qui aurait surtout servit durant la Terreur, plus
de mille cadavres y fûrent entassés et nul doute que
certaines âmes en peine errent encore en ce lieu.
Cette partie est séparée du cimetière par une grille
fermée, elle est abritée en quatre murs et quelques
arbres viennent apporter le protection à ce sinistre terrain.




la fosse commune et les tombes des carmélites



Une autre histoire vient renforcer le mystère, il
s'agit des 16 carmélites de Compiègne, mortes en
martyrs et innhumées derrières les murs séparant
le cimetière de la fosse commune. Je ne serai pas
étonné d'apprendre que leurs esprits trainent
dans les parages en continuant de veiller sur les
morts comme si elles n'avaient pû achever
quelque chose de très important de leur vivant.
Cet endroit m'a particulièrement marqué, c'est
la partie la plus morose et sinistre du cimetière.
L'atmosphère y est teinté d'une étrange impression,
comme si une ombre invisible dormait en ces lieux,
j'aurais bien aimé fouler ce coin si seulement
la grille n'avait pas été fermée.




détail d'une tombe




détail d'un caveau



Après avoir longuement étudié la partie
interdite, je me décide à quitter le cimetière
mais sans oublier de regarder une dernière fois
les cryptes et caveaux familiaux peuplant les
lieux. Je trouve certaines pierres magnifiques,
notament la crypte abritant un évêque et se
situant au fond du cimetière, à l'opposé de la
fosse. Je quitte donc le coin pour repasser par
la roseraie et faire un petit coucou à la stelle
représentant Saint Joseph. Je la contemple
quelques minutes puis je me décide à quitter le
parc pour me rendre à la chapelle.

De style romane, la chapelle de Notre Dame de
la Paix abrite la liste de toutes les personnes
inhumées en ces lieux dont la plupart ont été
éxécutées durant la Terreur. Les intérieurs sont
d'un blanc immaculé et le calme règne en cet édifice.
Je m'y sens bien, à nouveau protégé par cette
force invisible qui planait dans la roseraie.
J'admire la statue de la Vierge, celle de Notre
Dame de la Paix, elle est en or et l'autel
qui la soutient est magnifiquement décorée.
J'observe encore un peu la chapelle, sa nef,
son orgue, puis je me décide à partir.




l'intérieur de la chapelle



Je repasse par la cour pavée en jetant un
dernier coup d'oeil au fond du puit, je me
retourne une dernière fois pour admirer
la chapelle. Je repense au marquis de La Fayette
mais aussi à toutes ces âmes meurtries et
perdues errant dans le cimetière, victimes de
la Terreur et de la folie d'une poignée d'hommes
au pouvoir. Je repense également au triste
sort des 16 carmélites de Compiègne. Et je me
dit que ce cimetière un peu étrange doit abriter
bien des maux, bien des souffrances, bien
des pensées, bien des regrets...



J'espère que l'article sera de votre goût, j'ai
pris plaisir à visiter les lieux et à concocter cet
article. Pour la suite je vous donne rendez-vous
pour le chapitre 19 du chasseur de légendes qui
se déroulera dans les allées du cimetière
du Montparnasse.


 

note :

Je vous invite à consulter le très riche et détaillé
blog de M. Patrick Baud, que je remercie pour sa
visite et son commentaire laissé sur l'article des
châteaux du Val d'Oise. Vous êtes passionnés de
châteaux, de patrimoine, de villes nouvelles,
d'architecture le tout saupoudré d'histoire ? Et
bien, ce blog est fait pour vous. J'encourage ce
monsieur pour son travaille et je le félicite
chaudement pour ses recherches. Vous pourrez
retrouver le lien dans la rubrique "Sur le Net" dans
la catégorie Blogspot, au nom de Patrick, voici l'adresse :
http://unchemindeliledefrance.blogspot.com/

Publié dans Hantise

Commenter cet article

peintrefiguratif 06/10/2010 10:04


très bien ton article sur ce cimetière je ressens exactement en le lisant ce que j'ai senti en le visitant surtout que notre guide était parfaite et nous faisait revivre ce moment avec fougue
pour lafayette je n'ai pas mis l'accent dessus c'était plutôt sur la terreur et avec sa guerre il a mit la france à mal
bonne journée


camus 06/10/2010 21:43



Ah c'est sûr que la Terreur a laissée quelques séquelles et les exécutions allaient bon train à l'époque. C'est sympa d'avoir été voir ma vision de Picpus. Avec ou sans La Fayette !



LA COTENTINE 01/03/2009 18:58

dire que j'ai vécu 10 ans à paris et que je ne suis jamais allée dans cet endroit ! et comme toi, j'aurais aimé aller..là où on ne peut pas aller !
je connais bien l'histoire des religieuses et je te conseille un sublime film " le dialogue des carmélites" qui raconte leur calvaire....

Joe 11/02/2009 01:12

c'est bien . Que puis je dire d'autre ?

laet 10/02/2009 22:18

très jolie mon ti guerrier

Miss Tétine 10/02/2009 20:11

encore un nouveau voyage trépidant :)
merci pour toute cette générosité de patrage, et tout ce talent :p
gros bisous à vous toutes et tous ;)