Journal de bord d'un chasseur de légendes
Chapitre 77
Féerie des Ténèbres
Nous entamons notre quatrième jour dans
le Lot, ce matin, il pleut et ce n'est plus
une surprise, pourtant mes compagnons et
moi-même avons la ferme intention de nous
rendre dans le village de Lacave, à quelques
kilomètres de Souillac. Cette étape était
capitale, parmis les nombreuses grottes de la
région, Lacave est dans le top 3 du département
avec Padirac et Pech-Merle. On parle parfois
de grotte des fées lorsque l'on évoque Lacave,
voilà l'occasion d'en savoir plus.
Arrivés au pied de l'excroissance
rocheuse, un ciel plombé guettait
notre
sortie du véhicule, une pluie froide
fendait l'air pour mieux nous obliger à
venir
nous abriter dans cette mystérieuse antre
qui portait le nom de "Grotte de Lacave".
Le train qui était censé nous ammener au coeur
de la merveille nous amusa, compact, bruyant,
c'était quelque chose de dévaler les rails creusés
à même la montagne. Il valait mieux ne pas
être claustrophobes à ce moment là, la lumière
n'était déjà bientôt plus visible et nous sombrions
dans les ténèbres avant que la première
fée des lieux vienne nous accueillir : Electricité.
Après avoir longé un couloir pour le moins
bas-de-plafond, un escalier raide et étroit
nous attendais pour nous ammener dans la salle
de bains de la grotte, avec ses gours et ses
stalactites, la visite allait débuter, l'occasion
tant attendue d'approcher ces créatures de
pierres sucitant bien des mystères. Comme ce
fameux crocodile, certes il faut avoir un peu
d'imagination, mais l'endroit est propice
aux délires de l'esprit.
Peut être était ce une de ces chimère
reptilienne figée à jamais dans le calcaire
des profondeurs de la grotte, le souffle de
cette bête était froid et l'endroit n'était pas
des plus approprié pour une quelconque lutte
fantastique. Mieux valait suivre le sympathique
guide qui sût passionner la joyeuse équipée que
nous étions et ce du début à la fin.
Passé les sentiers tortueux et les détours
glissants, nous pouvions de temps à autre,
admirer ces fameuses forêts d'épines de
pierre, à condition d'avoir la tête retournée
car les plus rationnels n'y verront que de
jolis stalactites alors que les poètes y verront
plus tôt une pluie magique fossilisée.
Impossible de louper la fameuse vierge à
l'enfant, Notre-Dame de Lacave comme
on aime à l'appeller. Il parait que
chaque
grotte possédait sa vierge protectrice,
Padirac, Pech-Merle, et leurs voisines ?
Qu'en était il ? Lascaux en tête. La
présence de cette vierge de pierre était
pour le moins réconfortante, il fallait
bien
la bénédiction de cette dernière pour
affronter la légendaire Tarasque, monstre
chimérique hantant les roches du Midi, d'ici
jusqu'à Tarascon, près de Marseille. La bête
semblait assoupie, il fallait en profiter
pour lui fausser compagnie.
Tel un dragon au corps de lion, la tarasque
gardait le passage qui devait nous emporter
les profondeurs presque absolues de Lacave,
avec ses démons et ses merveilles. Pour preuve,
un grand escalier nous emmenait comme aux
Portes de l'Enfer avec une monstrueuse Arachné
dont on ne voyait plus que les pattes, fort
heureusement la maîtresse des lieux n'avait pas
daignée descendre de sa voûte d'albatre pour
s'emparer de nos êtres. Seuls ses pattes
cauchemardesques palapait le peu d'air que nos
corps et nos respirations réchauffaient.
En descendant plus profondément dans les
entrailles de la terre, nous arrivions dans le
domaine des Muses, déesses inspiratrices de
bien des merveilles, nul doute qu'elles ont su
inspirer la nature pour creusé ce magnifique
édifice. Si nous n'avions pu bien voir ces
fameuses déesses de pierre, le lac des fées,
fût lui un spectacle de toute beauté, plongé
dans une semi-obscurité, nous pouvions
admirer le lac sombre et ses milliers de
particules phosporescentes, comme une pluie
d'étoiles dans les ténèbres des sous-sols.
Une danse féerique qu'une lumière spéciale
faisait ressortir, ainsi les dents de chacun
paraissaient incroyablement blanches et
lumineuses, pur illusion, comme celle du miroir
qui se trouve être le même lac mais avec
une lumière plus habituelle.
Mais pour observer ce fameux miroir, il nous
fallait traverser le lac est atteindre son autre
extrémité, quelques belles surprises nous y
attendaient. Le dernier tour annonçait surtout
le retour, le chemin devait s'emrunter dans le
sens inverse, impossible de déboucher par une
sortie naturelle au sommet de la montagne, bien
trop étroit et bien trop dangereux. En échange
le lac des fées nous gratiffia de son fameux
miroir aux illusions, nous sommes en pleins
rêve, nous avions l'impression de voler au
dessus
d'un monde souterrain gigantesque.
Le grand escalier nous attendait, il fallait donc
repasser par cette horreur à huit pattes agrippée
à sa colonne fantastique. Comme pour nous
donner du courage, la grotte partagea avec nous
un de ces délices un base de crème, sûr que
l'ascension aurait été plus plaisante, hélas comment
escalader une cascade sucrée... en pierre. Seule
solution, les escaliers, dernière grande montée
peut être avant de revoir le jour.
En dépassant la colonne, un détail nous fît
sursauter, déjà que la colonne en elle-même
dégage quelque chose d'assez fabuleux. En
étant attentifs, c'est au pied de la colonne
que nous devions regarder. Mais d'abord
observons ce fameux monument pour voir
à
quoi ressemble cette phantasmagorie souterraine.
Donc en abaissant le regard vers le pied de la
colonne, une curiosité devait nous apparaître,
surnommée "le touriste égaré", cet étrange visage
morbide me fît penser au visage de Mars. Je
frissonnais à l'idée que ce pauvre malheureux
fût la proie de l'araignée vivant au sommet de
cette colonne, l'étrange personnage semblait
comme momifié dans son cocon de pierre.
L'air devenait subitement plus froid à cette
pensée, il fallait nous hâter de remonter à
la surface avant que l'autre groupe ne
viennent entamer sa visite. Bizarrement il y a
un moment ou nous avons des pensées
sinistres
dans certains lieux, il pouvait se passer bien des
choses avant de revoir le jour, une chute,
un
effondrement de la voute, un éboulement de
roches, l'oxygène qui venait à manquer ou
encore un mauvais coup de grisou lorsque nous
arrivions vers le train... et puis je suis mis à
repenser à l'araignée puis aux beauté que nous
avait dévoilé la grotte, ce n'était pas aujourd'hui
que nous finirions avalés dans les entrailles de la terre.
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